Les tensions explosent au Moyen-Orient, et le premier effet qui arrive à la pompe, c'est une hausse du prix du carburant. C'est quasi certain. Mais pas de panique à avoir sur la disponibilité : entre les stocks de la France et ses nouveaux fournisseurs, le scénario de la pénurie est pour l'instant écarté. On vous explique ce qui se trame.
Le détroit d'Ormuz, ce passage stratégique sous tension
Pour comprendre la hausse à venir, il faut regarder du côté de l'Iran. Les récentes frappes et le blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran ne sont pas anodins. Ce petit bout d'eau de 50 kilomètres de large est un véritable entonnoir pour le pétrole mondial : près de 20 % du brut consommé sur la planète y transite chaque jour.
Quand l'Iran a tiré sur des pétroliers et que les grandes compagnies maritimes comme MSC ou CMA CGM ont préféré mettre leurs navires à l'abri, le flux s'est brutalement tari. Résultat : entre 8 et 10 millions de barils quotidiens sont pour l'instant indisponibles, ce qui a immédiatement fait flamber les cours.
Une hausse des prix inévitable, mais progressive
Le baril est déjà passé de 73 à 77 dollars en quelques heures, et les experts tablent sur une poursuite de la hausse, potentiellement jusqu'à 80 ou 100 dollars. L'OPEP+ a bien réagi en annonçant une légère augmentation de sa production, mais c'est loin d'être suffisant pour compenser le manque. C'est un peu comme vider l'océan avec un verre d'eau.
Pour le consommateur, la conséquence est simple : le prix à la pompe va mécaniquement suivre cette courbe.
Les carburants sont une matière première comme une autre, et quand l'approvisionnement se tend, le coût d'achat par les raffineurs augmente, et la facture est répercutée chez le pompiste.
Pourquoi il n'y aura (normalement) pas de rupture de stock
C'est le point le plus rassurant. La France a tiré les leçons des crises passées et a diversifié ses sources d'approvisionnement. Aujourd'hui, nous n'achetons qu'une partie de notre pétrole aux pays du Golfe. Plus de 20 % de notre brut vient des États-Unis et près d'un tiers d'Afrique.
Mais le vrai filet de sécurité, ce sont les stocks stratégiques. L'État impose aux opérateurs de conserver des réserves équivalentes à plusieurs mois de consommation. En l'état actuel, la France peut tenir environ 90 jours sans aucune importation. Cela laisse le temps aux routes maritimes alternatives (comme le contournement de l'Afrique par le Cap de Bonne-Espérance) de se mettre en place.









